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Prologue :
Harry regarda le visage figé de Sirius. Il chutait avec une
lenteur démesurée. Bellatrix eut un sourire radieux en voyant son cousin
détester passer lentement derrière le voile de la mort. Harry voulut se précipiter
vers lui mais Remus encercla sa taille avec force. Sans trop savoir comment,
Harry rejeta violemment la tête en arrière et le loup garou grogna en
desserrant un peu sa prise. Sans attendre, Harry se rua sur Sirius et agrippa
sa main. Tous retinrent leur souffle. Harry et Sirius se regardèrent quelques
instants pas très sur d’eux avant que le poids de l’homme ne gagne la partie et
entraîne le plus jeune avec lui dans sa chute. La dernière chose qu’Harry
entendit fut les hurlements de Remus, de ses amis et les cris de joie de
Bellatrix. Puis il y eut une violente explosion et il n’entendit plus rien.
« » « » « »
Harry ouvrit doucement la yeux, grognant un peu en sentant
une migraine carabinée prendre possession de sa tête. Il se demanda vaguement
ou était passé le troupeau de dragon qui visiblement l’avait piétiné.
Il ne distinguait rien du tout. Il n’y avait que les
ténèbres qui l’entouraient mais la seule chose dont il était conscient était la
main chaude qu’il serrait comme si sa vie en dépendait et l’odeur de souffre et
de pourriture qui lui étreignait la gorge. A tâtons, il se mit a 4 pattes et se
rapprocha doucement de Sirius, retraçant son visage du bout du doigt. Un léger
ricanement se fit entendre et il ne distingua pas grand chose a part des yeux
jaune très clair qui les fixait.
« qui êtes vous ? » souffla Harry légèrement
mort de peur.
Un claquement de doigt retentit et Harry sentit son souffle
se bloquer dans sa poitrine. Si il avait suffisamment manger, il aurait
probablement vomi tripes et boyaux devant le spectacle macabre devant ses yeux.
Des milliers de cadavres putréfiés s’entassaient les uns sur les autres comme
des mini montagne de morts. Un fleuve de sang et de viscères coulait entre les
petites montagnes. L’homme devant eux était assez petit et râblé, des cheveux
grisonnants et sales cascadaient sur ses épaules et son dos, il avait les yeux
doré avec des pupilles de chats. Il était vêtu d’une espèce de linceul en
morceaux et tenait un bâtons fait en os humains a la main. Il ricana encore une
fois découvrant une rangée de dents pourries.
« je suis le passeur, le gardien des âmes. Je m’appelle
Charon. On peut dire que tu aimes t’attirer des ennuis Harry Potter. »
« alors nous sommes morts ! » demanda Harry
d’une petite voix.
« non ! ton ami devrait mourir ! »
« alors tuez moi aussi parce que je ne l’ai pas suivit
pour le voir mourir. »
« je ne peux pas te tuer Harry ! nous sommes dans
une impasse. Si tu veux sortir d’ici, tu vas devoir payer le prix fort et
supporter bien plus que la mort ! »
« quoi ? »
« l’éternité ! comme le futur de ton époque
dépendait de toi, en passant ici, tu as tout détruit et tu dois donc retourner
là ou tout a commencé et changer ce qui sera possible. »
Charon s’interrompit en voyant Sirius remuer et ouvrir les
yeux. Il eut l’air horrifié et dégoûté en voyant ou ils se trouvaient.
« bien ! on dirait que la belle au bois dormant
s’est réveillée. » s’amusa Charon en fixant l’animagus.
« qui êtes vous et qu’est-ce qu’on fait ici et on est
ou d’abord ? »
« je suis Charon, vous êtes dans le royaume des morts
et pour ce que vous faites ici, eh bien disons que monsieur Potter vous a sauvé
la vie. »
« tu es passé a travers le voile de la
mort ? » demanda Sirius complètement ahuri.
« je ne voulais pas te laisser tout seul. »
« mais enfin Harry ! tu es complètement
dingue ! en devenant ton parrain, j’ai juré de te protéger pas de t’amener
en enfer avec moi ! »
Harry baissa les yeux coupable. Encore une fois, il aurait
mieux fait de ne rien faire.
« tuez moi et laissez le partir ! »
« quand bien même je le voudrais, je ne pourrais
pas ! votre monde n’existe plus ! il a disparut quand l’acteur
principal du futur a choisit la mort a son rôle. »
« mais… on fait quoi alors ? »
« vous avez bien dit qu’étant son parrain, vous deviez
le protéger ? »
« c’est exact ! » répondit lentement Sirius
un peu méfiant.
« parfait ! voilà qui est réglé alors ! vous
allez être envoyer là ou tout a commencé. Je ne pourrais pas vous dire ou et
quand vous allez atterrir, je n’en sais moi même rien ! »
« hum » commença Harry d’une petite voix
« tout a l’heure, vous parliez d’un prix a payer… »
« c’est exact.
En général, je ne prend que l’un des 5 sens, ca équilibre, surtout quand
on a d’aussi jolis yeux verts émeraudes que les tiens, cependant, comme l’un de
vous n’est pas en excellente santé, monsieur Potter devra payer pour les deux.
C’est encore mieux ! » assura le passeur avec un sourire pas très
rassurant aux lèvres.
Sans laisser le temps a Harry ou Sirius de réagir, il claqua
dans ses doigts et le Gryffondor se retrouva en lévitation entouré d’une brume
dorée. Les cris de douleur du jeune homme s’élevèrent dans l’antre obscure.
Sirius se hissa sur ses jambes mais quand il voulut approcher du jeune homme,
c’est une brume noire qui l’entoura. Il sentit son corps le brûler mais ça
passa rapidement. Il retomba au sol haletant et toussa un peu.
Harry hurlait. Sur le moment, c’était la seule chose
cohérente dont il était capable. Il avait l’impression que son corps se
déchirait. Et plus ça allait, plus sa voix allait dans les aigus. Il avait
l’impression de mourir encore et encore. Et puis tout s’arrêta. Il prit une
grand goulée d’air et retomba lourdement au sol. Sa tête le lançait, son corps
lui faisait un mal de chien. A choisir, il préféra sombrer dans les ténèbres.
Sirius fixa son filleul sans en croire ses yeux. Le petit
Harry frêle et maigrichon avait laissé la place a une créature encore
indéterminée aux vues de la couche de sang qui la recouvrait mais
indubitablement féminine. Charon fit apparaître un bac d’eau et le versa sur la
forme avant de nettoyer avec un chiffon relativement douteux mais presque
propre. Sirius observa avec attention les traits fins et la peau blanche être
restituée. Comme pour les statues grecques précieuses. Sa peau semblait être
faite a base du marbre le plus blanc et le plus fin qui existe.
« bon sang mais qu’est-ce qui s’est passé ? »
éructa Sirius en dégageant une mèche poisseuse du visage blanc.
« j’avoue que c’est assez inattendu mais pas si étrange
que ça ! »
« vous pouvez être plus clair ? »
« lors de la création du monde, la magie existait déjà.
Et je dis bien LA magie. La magie est 100 pour cent féminine. Elle a prit forme
humaine quelques millions d’années plus tard pour pouvoir enfanter les tout
premiers sorciers et puis elle est revenue a l’état dans lequel on la
connaissait. Omniprésente. Il est très rare que les sorciers possèdent
suffisamment de magie brute pour qu’elle puisse prendre forme humaine. Votre
filleul était un sorcier vraiment a part entière. Non seulement il était très
puissant mais en plus, il possédait un noyau de magie brute bien supérieur a la
moyenne. Le prix que j’ai réclamé était son corps. Enfin, son enveloppe
charnelle. Sa magie brute a recréé un corps. Je lui avait dit que le prix a
payer serait encore plus lourd que la mort. Il est immortel a présent. Tout
comme vous ! je vous charge de sa protection. A vous de réécrire votre
histoire. »
« c’était quoi la brume noire et celle
dorée ? »
« vous formez un tout tous les deux. Elle le bien, toi
le mal. Enfin, je ne veux pas dire que tu sera mauvais ou quoi que ce soit mais
elle représente la lumière et toi les ténèbres. Tu es en partie démon si tu
préfères. A toi de te trouver une nouvelle identité. Sirius Black a disparut
définitivement derrière le voile. »
« que fait on maintenant ? »
« je vais vous renvoyer sur terre ! a vous de vous
démerder pour la suite ! »
« attendez ! vous nous renvoyer sans argent, sans
identité, sans rien ? »
« allez a Gringott ! on ne sait
jamais ! » termina Charon avec un sourire malicieux.
Il agita son bâton et fit disparaître Sirius et la jeune
fille sans nom. Il soupira, fit craquer ses articulations avant de retourner
vers ses morts avec un sourire nostalgique.
« » « » « »
Sirius grogna et soupira en même temps. L’herbe fraîche lui
chatouillait le bout du nez. Une délicieuse odeur de rosée lui indiquait qu’il
devait encore être tôt. Il regarda sa charge et sourit doucement. Il regarda
ensuite autour de lui et hoqueta en reconnaissant Poudlard. Il tapota doucement
la visage de la jeune fille qui resta inerte et finit par la soulever dans ses
bras se demandant a quelle époque ils avaient atterrit. Elle ne pesait
heureusement pas grand chose. Il entra dans le château ressentant l’habituel
vague de nostalgie le traverser. Poudlard avait toujours été le seul endroit
qu’il avait considéré comme sa maison. Il retrouva son chemin jusqu'à la grande
salle et poussa la porte du pied. Il jeta un rapide coup d’œil et grogna un
peu. Il ne connaissait personne. Deux hommes et deux femmes se levèrent et se
dirigèrent vers eux a grandes enjambées. Les élèves n’avaient pas l’air
particulièrement rassuré.
« qui êtes vous et que venez vous faire
ici ? » demanda l’un des deux hommes.
Il était assez grand, musclé tout en finesse. Ses cheveux
noirs légèrement ondulés étaient attachés avec un lien en cuir verts foncé, ses
yeux étaient vers émeraudes. Comme ceux d’Harry ou de Lily. Il avait un teint
très blanc mais pas cadavérique et un masque de glace rendait son visage
totalement inexpressif.
« par tous les saints Salazar ! ca peut attendre
non ? tu vois bien que cette jeune fille a besoin de soins et que monsieur
est fatigué. Godric, prend là ! » ordonna l’une des femmes.
Sirius tenta de ne pas montrer son trouble. Il était devant
les fondateurs de Poudlard ! l’homme brun répondant au nom de Godric prit
doucement la jeune fille dans ses bras pendant que la femme qui avait parlé le
dirigeait vers l’infirmerie. Elle l’obligea a se coucher dans un des lits blanc
et l’autre femme, la blonde lui fit ingurgiter des tonnes de potion. Il ne se
rendit même pas compte qu’il s’endormait.
Helga examina attentivement la jeune fille et lui donna
quelques potions qui l’aiderait également. Ils placèrent un sort sur la porte
qui les avertiraient de leur réveils et sortirent de l’infirmerie pour aller
rassurer les élèves. |